FinanceScout24

Zurich, le 14 octobre 2020

La fin du Libor – et le futur incertain du Saron

Fin 2021, le Libor ne sera plus utilisé comme taux d'intérêt de référence international. En Suisse, le Saron prend le relais. Michael Bader, expert en prêts hypothécaires chez FinanceScout24, nous explique les coulisses de ce changement et quel rôle va jouer le Saron dans le domaine des hypothèques et des crédits classiques.

De grandes incertitudes pour le Saron

Le Libor, acronyme désignant le London Interbank Offered Rate,est le taux d'intérêt de référence international utilisé pour le calcul de crédits et d'hypothèques. Depuis 1989, ce taux est déterminé chaque jour par la British Bankers' Association (BBA), sur la base de rapports effectués par douze banques internationales. À la fin de l'an prochain, le Libor sera remplacé par des taux d'intérêt de référence nationaux, dont le Saron en Suisse (Swiss Average Rate Overnight). Cette transition sème déjà un certain trouble, car même aujourd'hui, il n'est pas encore possible d'estimer avec fiabilité quelles seront les conséquences financières pour les banques, les propriétaires et les entreprises suisses. Michael Bader, expert en prêts hypothécaires chez FinanceScout24, déclare : « D'une part, ces incertitudes tiennent au fait que les bases de calcul des taux vont connaître un changement radical. D'autre part, il ne faut pas oublier pour quelle raison ces réformes ont dû être instaurées. »

Aucune place pour les spéculations, et davantage de risques pour les bénéficiaires d'un crédit

Au premier plan sont concernées les manipulations réalisées sur les taux d'intérêt durant des années, notamment par de grandes banques internationales. Ces instituts ont discrédité le Libor et d'autres taux d'intérêt de référence (appelés « Ibors ») pour les emprunts, prêts, titrisations et dépôts, provoquant parallèlement une énorme perte de confiance dans le secteur. Michael Bader déclare : « Concernant le Libor, le client et la banque s'accordent au préalable sur un taux d'intérêt pour une période donnée. À l'écoulement de cette période, le taux d'intérêt est de nouveau négocié jusqu'à la fin du contrat entourant ce crédit. Pour le Libor, le risque réside ainsi du côté du créancier, ce qui permettait également par le passé de manipuler les conditions de taux. » Telle est la raison principale expliquant le remplacement du Libor par un nouvel instrument, car désormais, de telles spéculations ne seront plus possibles avec le Saron. « Au contraire du Libor, le Saron n'est pas recalculé en amont (prédéfini) pour une certaine période de taux, mais à terme échu, à partir des transactions conclues et des prix négociés, et capitalisé durablement pour la période d'intérêts », selon Michael Bader. Les bénéficiaires d'un crédit supportent ainsi l'ensemble des risques liés à d'éventuelles fluctuations des taux et connaissent le taux d'intérêt exact seulement à la fin de la période de refinancement. Certes, la plupart des hypothèques du Saron, comme déjà celles du Libor, peuvent se convertir en hypothèque fixe durant une période cadre, là où les propriétaires immobiliers peuvent vraisemblablement réagir avec flexibilité aux taux d'intérêt en forte hausse. L’expert en prêts hypothécaires relativise cependant : « La personne modifiant le modèle d'hypothèque durant la période cadre ne peut changer d'offreur. Il est donc peu probable que les créanciers se trouvant dans une telle situation poussent les limites d'un taux et offrent les meilleures conditions. »

Le Libor et le Saron sont intéressants pour les crédits, mais bien peu pour les hypothèques

Jusqu'à présent, le Libor est d'une grande importance pour les opérations de crédit classiques, car il participe sensiblement aux conditions de quatre crédits sur cinq. En revanche dans le domaine hypothécaire, seulement un cinquième maximum des hypothèques ont été financées par le passé sur la base du Libor. « Depuis 2015, les taux des hypothèques fixes sont continuellement en baisse, si bien que des hypothèques financées à moyen et long terme sont temporairement disponibles à des conditions plus avantageuses que des hypothèques Libor et Saron », déclare Michael Bader. Selon l'analyse des données réalisée par FinanceScout24, l'hypothèque fixe de dix ans est incontestablement en Suisse le numéro Un des produits hypothécaires, avec une part de marché bien supérieure à 50 pour cent –
 « Une tendance à la hausse ».

Perspective : le futur des hypothèques sur le marché monétaire

Avant même la disparition officielle du Libor sonne la fin de l'époque où ce taux de référence était le produit standard des investisseurs, leur permettant d'atteindre des rendements maximums à partir de leurs biens immobiliers. Selon l'expert Michael Bader, ce changement va cependant amener une demande d'hypothèques sur le marché monétaire, et donc d'hypothèques Libor ou de nouvelles hypothèques
Saron : « Lors d'une forte chute des taux, cela peut représenter une alternative intéressante aux hypothèques fixes. Si la courbe des taux n'a cessé de s'affaiblir au cours des dernières années, une hypothèque Saron reste uniquement intéressante si l'on a besoin d'un financement à court terme, d'amortir rapidement de plus grandes tranches ou si l'on souhaite construire une maison. » Et même avec le Saron, la complexité des décisions financières ne peut être réduite, poursuit l'expert Michael Bader de FinanceScout24 : « Il est important que les clients aient à leurs côtés un partenaire fiable et indépendant qui connaît leurs besoins financiers sur le bout des doigts et les conseille avec transparence sur les différentes options leur étant offertes. »

Retrouvez de plus amples explications sur le fonctionnement du Saron en découvrant l'entretien avec Michael Bader sur financescout24.ch.

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